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Commune de Saint-Martin-Saint-Firmin,
(département de l'Eure, canton de Saint-Georges-du-Vièvre), sur la rive gauche de la Véronne, affluent de la Risle.
FONDATION : il semble qu'on ne conserve plus l'acte de fondation. Elle est située dans un herbage qui faisait partie de la villa de Saint-Martin-le-Vieil, ancien nom de la commune de Saint-Martin-Saint-Firmin, laquelle relevait du patrimoine des premiers seigneurs de Vieilles-Pont-Audemer. En 1034, la villa est concédée à la fondation d'Onfroy de Vieilles, l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre des Préaux (M. Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie, 911-1066, p. 30, n° 2).
Un vitrail pourrait être daté de 1605 selon A. Montier (Bull. de la Société des Amis des Arts du Département de l'Eure, n° XVIII, année 1902). |
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Les Archives départementales
de l'Eure conservent le testament daté de 1635 d'Alexandre
Desperrois, maître ès arts de l'Université de
Paris, curé de Saint-Martin-le-Vieil, titulaire de la chapelle
Saint-Firmin. L'auteur du Neustria Pia en 1663 relève
l'appartenance de la chapelle à l'abbaye de Préaux (p.
516). Dans les mêmes Archives de l'Eure, on trouve, sous la cote
H 710, la copie de la déclaration des biens et revenus de
l'abbaye de Saint-Pierre des Préaux, fournie au roi, en sa
Chambre des Comptes de Normandie, le 6 décembre 1692 ; elle
comprend la chapelle Saint-Firmin qui relève de
Saint-Martin-le-Vieil.
La chapelle existe donc dans la première moitié du XVIIe siècle, ce qui est confirmé par la date de la cloche,
1628. Si l'on pouvait dater avec certitude les vitraux de 1605, on
pourrait penser que la chapelle a été construite au
tournant du XVIe et du XVIIe siècle. L'historien A. Canel suggère qu'une "vieille construction" a existé avant l'actuelle chapelle (Essai sur l'arrondissement de Pont-Audemer, 1834, II, p. 356). Dans les confirmations générales des
papes et rois en faveur de l'abbaye des Préaux pour le XIIe siècle, à aucun moment, on ne trouve mention d'une
chapelle dédiée à saint Firmin. On ignore si ce
sont les moines de Saint-Pierre des Préaux qui prirent
l'initiative de la construction de la chapelle.
SAINT FIRMIN : un culte à saint Firmin est signalé à la fin du VIIIe siècle dans le nord de la France, mais c’est seulement au IXe siècle qu’à Amiens, les chanoines de la
cathédrale considèrent que les deux premiers
évêques d’Amiens portent le nom de Firmin, le
premier martyr, le second confesseur. En l’état actuel de
la documentation, il faut reconnaître qu’un seul
évêque d’Amiens est sûrement attesté avant le VIe siècle et qui ne porte pas le nom de Firmin. Ce sont des textes hagiographiques rédigés au Xe ou au XIe siècle qui créèrent une légende de saint
Firmin, en en faisant le fils d’un sénateur de Pampelune
en Espagne, sacré évêque à Toulouse. Â
l’âge de 31 ans, Firmin serait ensuite parti pour la Gaule,
il serait arrivé à Amiens et il y aurait
été décapité, sous le règne du roi
Thierry. C’est sur la base de ces écrits sans fondement
historique et dans lesquels aucun épisode n’admet de dons
exceptionnels comme celui de guérison, que saint Firmin martyr
est honoré à la chapelle Saint-Firmin. Le docteur J.
Fournée constate que saint Firmin apparaît au calendrier
du diocèse de Rouen au XIIIe siècle (Cahiers Léopold Delisle, n° spécial, 1973).
LE PÈLERINAGE : on ignore à quelle date il a commencé, mais tout laisse à
penser que la chapelle a été construite pour abriter les
pèlerins qui venaient chercher la guérison miraculeuse
des rhumatismes des membres inférieurs et du rachitisme. Le
pèlerinage avait lieu le 25 septembre, jour de la fête de
saint Firmin martyr ou le dimanche suivant cette date. Au XVIIIe siècle, le pèlerinage est très fervent : les
Archives de la Seine-Maritime (G 1228) renferment une requête de
la confrérie Saint-Firmin de l'église Saint-Éloi
de Rouen demandant à l'archevêque de se rendre en
pèlerinage, comme de coutume, à l'église
Saint-Firmin. Le dernier pèlerinage s'est déroulé
en 1962 et peut-être encore en 1963 d'après les
témoignages recueillis dans le village. Une messe se
déroulait à l'intérieur de la chapelle, dite par
le curé de l'église paroissiale dédiée
à saint Martin ou par un curé d'une paroisse avoisinante,
en présence des charitons. On y distribuait le pain
bénit. À l'issue de la messe, les pèlerins
tournaient en procession autour de la chapelle en récitant les
Évangiles et le chapelet. À partir de 1933, date de la
restauration de la chapelle par l'abbé Corbet, les
pèlerins chantaient un cantique et vénéraient la
relique du saint accordée par le diocèse d'Amiens
à cette occasion. Les pèlerins, qui obtenaient une
guérison miraculeuse, donnaient en ex-voto leurs cannes et
béquilles qui étaient alors accrochés aux murs de
la chapelle. À une date inconnue une foire aux animaux (chevaux,
porcs) et des divertissements furent organisés après la
messe dans l'herbage autour de la chapelle.
OBJETS ET MOBILIER CULTUELS :
Autel : conservé dans le garage du curé de Saint-Georges-du-Vièvre, desservant Saint-Martin-Saint-Firmin.
Tableau de grande taille et représentant saint Firmin et un malade : dans l'église de Saint-Martin-Saint-Firmin.
Cloche : dans la même église.
Reliques : dans la même église.
Ex-voto et chemin de croix : auraient été
déposés dans l'église de
Saint-Christophe-sur-Condé
Deux statues représentant l'une saint Martin, l'autre saint
Firmin, au témoignage d'une habitante de la commune :
peut-être dans l'église de Saint-Georges-du-Vièvre.
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