Les vieux pèlerinages normands :
la chapelle Saint-Firmin
(l’Echo Libéral de Pont-Audemer des 2, 9 et 16 novembre 1929)

Je ne connais guère de site plus frais, plus verdoyant, plus ombragé, aussi délicieux aux promeneurs que le vallon de la Véronne, en Normandie.

Quittant Pont-Audemer par la route de Campigny, vous tournez brusquement à droite avant le Pont Patou, où passe la Véronne. Deux kilomètres durant, vous longez ce cours d’eau par un chemin qui tour à tour se fait tunnel de verdure, jardin sauvage ou sentier découvert quand il borde la pente en labours qui dévale des hauteurs du Lieuvin. Dans ce dédale varié de clos, d’herbages, de cours plantées, de champs se cachent çà et là de vieux bâtiments couverts de mousses, des fanils et des chaumes crêtés d’iris. Les haies, en ces derniers jours d’été, débordent de feuilles et de fleurs ; et quand le tourbillon effarouché des oiseaux s’est enfui à votre approche, votre cœur reste ravi d’aise, car à la chanson des oiseaux fait place le murmure du ruisseau près de vous.
 
 

Cette Véronne, cristalline, se taille un cours sinueux dans la prairie où la rocaille lavée du ravin s’épanouit parfois en étangs-miroirs puis, cascadant aux gorges des petits rochers, vient s’élargir en vraie rivière aux gués rayés d’ornières par les charretis du fermier.
Ces gués, qu’on appelle souvent des vieu, marquent chaque sentier confluent. Et la petite passerelle de bois, pour les piétons, se mire dans le lit frissonnant avec des morceaux de ciel bleu et de verts feuillages éclaboussés de soleil. Je crois que l’Amour n’a point de plus douces retraites, et que les confidences du cœur, ici, se fondent en infinies tendresses…

Comment s’étonner que de tout temps l’homme ait attaché à ces lieux de mystère une pensée d’amour, et que depuis l’âge où nos ancêtres sacrifiaient aux divinités des sources jusqu’à l’époque des pèlerinages chrétiens, l’âme humaine se soit réfugiée en ce paradis de beauté pour s’y rafraîchir en un bain d’Idéal.

La chapelle Saint-Firmin n’est point de ces bâtiments somptueux et imposants qui se dressent fièrement sur la place publique. Pour la découvrir derrière la haie champêtre où elle se cache, et à travers les branches épaisses des pommiers qui l’encadrent, dans cette verdoyante cour en pente douce, il vous faut un guide ou une attention extrême. La toute petite barrière du clos, où deux personnes ne peuvent pénétrer à la fois, n’a même pas une croix ou un écriteau pour nous prévenir. Non, rien d’un édifice religieux conventionnel dans un cadre si riant, faut-il s’en plaindre ?

Imaginez une charmante construction normande, tout entière à pans de bois apparents, de forme rectangulaire.

Coiffée d’une élégante capote d’ardoises haut-fuyante, à la façon des vieux logis, elle élève vers le ciel, par-dessus les pommiers et les toits, un fantaisiste petit clocher aux proportions fort heureuses. Vous prendriez le tout pour une villa abandonnée, sans l’emblème de la croix qui nous rappelle l’idée religieuse.

On peut admettre que cette construction date de la fin du seizième siècle. Mais vainement vous y rechercherez les raffinements de la Renaissance. Ni sculptures, ni ornementations ; et pourtant une harmonie de lignes et un équilibre de proportions dont la sobriété est loin de manquer d’élégance.

L’édifice est orienté à l’Est et la porte principale regarde vers la mer ; mais on pénètre ordinairement par une modeste entrée située au Midi, dans le bas de la chapelle. La nef unique, éclairée par une série d’ouvertures inégales, ne manque pas de grâce, en dépit de son délabrement actuel. Un berceau de bois, en plein cintre, est appareillé en voliges régulières, de manière à masquer les combles. La charpente, apparente au-dessus de la porte, se limite à l’entrait appuyé de deux aisseliers semi-courbes, consolidés de jambettes. Le colombage se compose de jeux intercalés de poteaux et de croix de Saint-André, d’ensemble fort esthétique.

 
 
L’autre extrémité de la chapelle, derrière l’autel, séparée par une cloison, forme sacristie et débarras. Le maître-autel, fort simple, et qui peut dater du dix-septième siècle, s’orne de deux statues et du voisinage immédiat de tableaux anciens, d’ex-votos et d’un amas de cannes et de béquilles.
Ai-je besoin d’expliquer que ces bâtons d’infirmes, au nombre si impressionnant, demeurent les témoins de guérisons attribuées à la grâce de saint Firmin, qui a le don de soulager particulièrement les rhumatisants et les boiteux ? « c’est bé sûr que j’y venons pou les rheumatismes, ou quand qu’on a des fremi, ou que j’sieue douloureux » m’avait confié sur la route un brave homme à qui je demandais mon chemin.
Il s’agit d’ailleurs ici d’un véritable pèlerinage, suivi et renommé.
 
 
Chaque année, le 25 septembre (retenez-le bien), jour de la Saint-Firmin, il dégringole dans le mystérieux vallon, par les sentiers et les chemins encaissés, des centaines de pèlerins. Charrettes, vélos, autos même s’y côtoient. La messe est célébrée pompeusement dans la chapelle, en présence des membres de l’antique confrérie de Charité, des notables et d’une foule de pèlerins, dont beaucoup, faute de place, demeurent à la porte à l’ombre du pommier, pendant la cérémonie.

Rien de plus pittoresque à coup sûr que cette assemblaie de costumes si divers, de citadins et de campagnards, de blouses bleues et de bonnets, de valides et d’infirmes. La poésie parfois domine délicieusement ce curieux décor ; et durant l’office, aux intervalles de silence, à l’Elévation ou à la Communion, quand l’assistance recueillie s’incline, on entend tout près de là jaser les sources fraîches qui courent de gazons en rochers jusqu’à la rivière. Et les hirondelles, qui ont leur nid dans la chapelle, strient l’air en passant sur les têtes. Là-bas, devant l’autel, le bon saint Firmin les regarde d’un air bienveillant et placide.

Quand la messe est terminée, le célébrant et ses aides s’emploient à dire des évangiles sur la tête de chaque malade, au nom de saint Firmin.

Après quoi chaque intéressé s’en va, recueilli et suppliant, récitant Pater et Ave, faire trois fois le tour de la chapelle. C’est au bout du troisième tour que le de saint disparaît généralement. Selon l’usage, le guéri va ensuite suspendre son bâton ou sa béquille au pied de la statue, en actions de grâces. Ce n’est qu’après ces évolutions que nos pèlerins quittent le lieu sacré.

Outre les moines de Préaux, la chapelle eut de nombreux protecteurs au cours du siècle. Il ne nous reste, malheureusement, que de très vagues indications à ce sujet. Le sire de La Haye, Hugues Pain, religieux de Saint-Wandrille au dix-septième siècle, Piere Barbery, médecin, les Le Gras, Descouldreaux de Caudebec, des religieuses, etc. ont laissé trace de leur générosité ou de leur reconnaissance dans les ex-votos qui ont traversé les vicissitudes du temps jusqu’à nous.

Nous déplorerons ici que le plus curieux et le plus artistique ornement de cette chapelle soit disparu depuis peu. La collection précieuse de neuf verrières anciennes qui étincelaient de vives couleurs de part et d’autre de la nef n’existe plus. Elle a été arrachée par des marchands du Temple et de la brocante, tristes possesseurs et vandales de ce lieu jusque-là respecté. M. Ferrey du Coudray, qui s’efforce si heureusement de rendre à l’antique chapelle sa splendeur passée, ne peut hélas ! lui restituer ce que ses prédécesseurs ont enlevé et dispersé peut-être à jamais.
L’une de ces verrières, située sur le mur septentrional, figurait la Prédication de Saint-Jean. C’était une fort belle œuvre du seizième siècle, bien conservée, d’exécution habile et d’inspiration originale. Saint Jean, dont la chaire rustique se compose d’une simple barre de bois, admoneste ses ouailles et leur reproche les plaisirs. Il faut avouer que les charmantes femmes et damoyselles, qu’on voyait en cet auditoire, n’avaient guère l’air de pénitentes convaincues et leur souci voltigeait plutôt vers l’or de leurs tresses blondes ou l’ébène de leurs nattes soignées et vers ces autres trésors aussi, contre quoi saint Jean fulminait, et qu’elles laissaient mollement apparaître à la barbe du saint hors le décolletage vraiment peu chrétien de leurs toilettes raffinées.

A la muraille méridionale, un autre vitrail figurait le portrait en pied de saint Firmin. La partie décorative, avec ses motifs fulgurants empruntés au rouge cuivre et au jaune étincelant, formait à l’imaige un cadre lapidaire. Le saint évêque y apparaissait vêtu d’ornements sacerdotaux, sa crosse adossée à l’épaule, le geste bénisseur. Ses traits, doux et bienveillants, indiquaient le patron des malheureux. En bas, un portrait de donateur, à petite fraise et manchettes, s’ornait d’un écusson à champ d’azur au chevron d’argent avec le chef de même, chargé de trois roses d’azur, 2 et 1.

Au-dessous on lisait en lettres gothiques :
LAN DE GRACE MIL SIX CENT CINQ DOM HUGUES SAIN RELIGIEUX ET HOSTELIER DE L’ABBAYE DE SAINT-WANDRILLE A DONNE A L’HONNEUR DE DIEU ET DE MONSIEUR SAINT-FIRMIN CESTE VITRE PRIEZ DIEU POUR LUY

 
 
Un vitrail voisin représentait un pape, un autre célébrait saint Jacques vêtu selon la tradition du manteau relevé du bourdon et du chapeau à coquilles des pèlerins. Un bois escarpé, traversé d’un torrent à cascades, paysage parent du nôtre, décorait le fond du vitrail. Enfin, nous signalerons une autre verrière curieuse, également située au Midi, et près de l’autel, qui représentait un saint Firmin âgé à l’heure du martyre, au regard mélancolique et doux…. Le Maître verrier, du reste, avait pris soin de nous peindre dans une petite scène anecdotique de fond, le geste horrible du bourreau qui va frapper le coup fatal. On pouvait voir, au bas du vitrail, les armes de Caudebec, d’azur à trois éperlans d’argent avec le nom du donateur, un certain Descouldreaux, bourgeois de ladite ville.
A. Canel nous précise qu’on lisait sur les autres vitraux, beaucoup moins intéressants, quelques noms de donateurs, entre autres ceux d’une dame religieuse et du Chevalier de la Haye. Quand M. A. Montier, en 1901, prit l’heureuse initiative d’étudier ces verrières et voulut bien me communiquer les résultats précis de ses patientes investigations, il me confia la crainte hélas fort justifiée qu’il avait de voir bientôt disparaître ces pièces précieuses…
Où sont-elles maintenant ? Qui les possède ? Certaines n’ont-elles pas été détruites ?
 

Souhaitons qu’elles retournent bientôt à leur destination primitive.
Si la disparition des verrières, en effet, laisse aujourd’hui bien nues les ouvertures de la chapelle Saint-Firmin, ses tableaux eurent un sort moins infortuné ; et l’on peut en contempler encore une demi-douzaine, quoique bien endommagés, aux murs de l’édifice. La plupart semblent dater du dix-septième siècle, et plusieurs ont été offerts par l’un des principaux bienfaiteurs de la chapelle, docteur en médecine, allié aux Legras de Bigars, qui tenaient un fief de la paroisse. On sait que cette famille Legras joua un rôle politique dans la région, notamment Robert Legras, gouverneur de Pont-Audemer, qui fit tomber la ville au pouvoir de la Ligue et qui plus tard devint lieutenant général civil du bailli de Rouen. En 1651, un François Legras vendit son fief de Bigard à Louis de Malhertie, fils du gouverneur de Quillebeuf. Or, nous nous savons par l’inscription qu’on lira plus loin, que le docteur Barbery épousa une héritière des Legras de Bigars, du nom de Magdeleine. Il est vraisemblable que sa piété et sa science dirigèrent son attention vers les cures extraordinaires dont on répétait merveilles dans le voisinage et que prenant intérêt et sympathie pour le culte de saint Firmin, il fut amené ainsi à l’honorer et le soutenir de nombreuses largesses. Je ne serais pas loin d’attribuer à sa générosité la principale part dans le mobilier actuellement subsistant, et notamment le maître-autel, derrière lequel sont répétées ses armoiries, sculptées sur le bois même du tronc de saint Firmin : d’azur à une tête de cerf ornée de trois étoiles de sinople, 2 à 1.
Ces armoiries paraissent encore au bas de la grande toile qui couvre la muraille au-dessus du maître-autel, et où l’on distingue un portrait de saint Firmin, évêque, mitré et crossé. A gauche du personnage, des infirmes appuyés sur leurs béquilles, semblent sortir de l’ombre. Un temple aux chapiteaux ioniques emplit l’autre côté.

Disons immédiatement que devant cette toile, de part et d’autre de l’autel, se dressent deux statues de bois que des inscriptions désignent sous les noms de saint Martin et de saint Firmin. Elles sont tellement enduites, bariolées et peintes atrocement qu’il est impossible de les authentifier avec certitude. J’en dirai autant d’une troisième statue située contre le mur du nord, en face de la petite porte, et qu’on a baptisé saint Mathurin.

Revenant aux tableaux, je signale à gauche de l’autel, le portrait de sainte Madeleine repentie, faisant pénitence dans le désert. Elle est agenouillée au seuil de sa grotte. Un ciboire est à ses pieds ainsi qu’une tête de mort. Au-delà d’un calvaire planté dans le roc et formant premier plan, fuit une vaste perspective de Palestine, avec lacs, châteaux, montagnes, forêts. Un écusson indique la donatrice, que nous pensons être Magdeleine Legras, épouse du sieur Barbery, rendant ainsi hommage à sa patronne. De l’autre côté de l’autel est pendu un tableau figurant une scène tirée de la légende de saint Firmin, et où l’on aperçoit une femme à genoux avec son enfant malade. Près d’elle un moine est en prière.
Sur le mur septentrional qui, avec le dallage, est fort endommagé par l’humidité, vous verrez une toile originale qui groupe les portraits des onze apôtres, avec des visages s’écartant parfois drôlement de la tradition. C’est sur l’autre muraille, côté méridional, que se trouve le tableau, à mon sens, le plus précieux et le plus artistique, et qui paraît évoquer une page du Légendaire de saint Firmin à moins qu’une interprétation fantaisiste de la parabole biblique du Bon Samaritain.
Un pauvre boiteux, aux vêtements déchirés, brisé par la douleur, s’est laissé choir sur les marches d’une maison de la ville. Dans sa détresse, il invoque le ciel. Or, tandis qu’il prie, on voit arriver à lui un vieillard au regard compatissant et qui tend les bras à sa misère.
Une femme richement vêtue, souriante, et non sans quelque beauté suit cet homme. Le décor, par sa composition très étudiée et ses effets de perspective cherchés et observés, est remarquable. Il figure une place publique avec à droite une sorte de palais à galeries aériennes très élégant par la légèreté de ses colonnettes et de ses voûtes. À gauche, un peu plus loin, on aperçoit une église. Sous les arcades du palais, en bas, des passants causent ; et l’on voit une dame au profil élégant qui va aux provisions, son panier sous le bras. Dans le bas du tableau, on voit en caractères parfaitement lisibles, ces mots : « ce tableau a été dôné à l’honneur de Dieu et de Monsieur Saint Firmin par noble homme Maistre Pierre Barbery, docteur en médecine, et damoyselle Magdeleine Le Gras, sa femme ». Suivent armoiries en deux écussons, celui de Barbery et l’autre des Le Gras : de Sinople à trois abeilles d’or.
Je dois signaler encore, pour mémoire, une toile qui célèbre l’Ascension ainsi qu’un portrait de saint Martin situés au-dessus de la petite entrée.
Enfin, et pour clore cet inventaire du mobilier encore existant de la vieille chapelle, je rappelle qu’une cloche au son argentin est conservée dans la tourelle. Je n’ai pu la voir, faute de moyens d’accès.
En un site si gracieux, dans un sanctuaire aussi vénéré, se doute-t-on qu’un crime effroyable fut jadis commis ? Et pourtant ceci n’est pas de la légende. En 1693, il advint qu’un différend s’élevât entre deux voisins de la Véronne. L’un était sieur de l’Egyptienne, autre chapelle miraculeuse. Le second avait nom Pierre Carrey et habitait Saint-Siméon. Carrey était pieux.
Un jour qu’on célébrait la messe en l’honneur de saint Firmin, dans cette chapelle, et qu’assistant au sacrifice, il s’inclinait avec le prêtre devant l’autel, son ennemi soudain pris de folie furieuse se dressa derrière lui et lui déchargea à bout portant son pistolet à la nuque et l’étendit raide mort sur le carreau.
On a conté, sans preuve suffisante, que notre chapelle avait servi de repère à des bandes huguenotes lors des guerres de religion. Et M. Canel, qui rapporte cette tradition, ajoute que d’autres partis occupaient, dans le même temps, les retranchements du Bois Carré et de la Crépinière. Rien ne nous autorise à appuyer ni à infirmer cette assertion.
Et maintenant, avant de quitter l’agréable vallon où coule la Véronne, rappelons que le culte de saint Firmin est assez répandu en Normandie, et qu’un certain nombre de sanctuaires ou au moins de statues attirent aussi par ailleurs les pèlerins blessés ou douloureux. Est-ce en souvenir du passage de l’évêque d’Amiens, quand, de Pampelune, il retournait en son diocèse ? C’est assez peu probable à la vérité.
A Sommesnil, arrondissement d’Yvetot, on évoque saint Firmin, au bord d’une fontaine qui lui est consacrée, surtout pour guérir les enfants chétifs.
A Cormeilles, près Pont-Audemer, une chapelle en son honneur s’élève sur les Monts-du-Bourg. Un pèlerinage très fréquenté y renouvelle les mêmes méthodes de cure et de guérison qu’à Saint-Martin. C’est contre les frémissements des membres, paraît-il, qu’on le supplie principalement à Saint-Pierre-du-Val, ainsi qu’à l’église paroissiale du Bec, où il a sa statue.
Les fidèles qui vont toucher son image dans l’église de Barneville-sur-Seine ont confiance dans le pouvoir du saint pour chasser les rhumatismes.
A Lorleau, près de Lyons, on le prie contre les douleurs en touchant de la main le bois même de l’autel. Un pèlerinage bien connu y a lieu le jour de l’assemblaie des pays, célèbre par ses melons.
Saint Firmin, qui a une très curieuse statue dans l’église de Périers-en-Auge, y est invoqué pour la guérison des mêmes maladies qu’ici.

Robert DUQUENNE




© la Chapelle Saint-Firmin 2007 - Réalisation : Julie ALIVON